Nombre de mots idéal pour un roman : les repères à connaître
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La même question revient souvent chez les auteurs : existe-t-il un nombre de mots idéal pour un roman ? Les éditeurs imposent-ils une longueur minimale ou maximale ? La lecture de cet article vous permettra de découvrir les fourchettes recommandées par les professionnels de l’édition pour les œuvres de fiction, et les critères qui vous aideront à déterminer si votre manuscrit est au bon format avant de l’envoyer aux éditeurs.
Que l’auteur soit en train d’écrire son roman ou de relire un texte déjà terminé, ces repères peuvent l’aider à cadrer son écriture sans brider son projet de livre. En fin d’article, se trouvent également des conseils pratiques pour structurer son récit, chapitre par chapitre et page après page.
À partir de quand parle-t-on d’un roman ?
Avant de donner les recommandations des éditeurs, il faut tout d’abord préciser ce que l’on entend par roman, et ainsi expliciter les différences entre nouvelles, novella et romans.
Tout d’abord, les différences se situent sur le nombre de mots. En effet, jusqu’à 17 500 mots, on considère en principe le texte comme étant une nouvelle. Entre 17 500 et 40 000 mots, nous parlons plutôt de novella. Et à partir de 40 000 mots, nous commençons enfin à parler de roman.
Ces seuils exprimés en nombre de mots se traduisent aussi en nombre de pages, une unité souvent plus parlante quand on est en train d’écrire. Dans un manuscrit standard, c’est-à-dire une page en Times New Roman 12 avec un interligne double, on compte environ 250 mots par page. Un roman de 80 000 mots représente donc à peu près 320 pages de manuscrit, qui donneront un livre publié de 250 à 300 pages selon le format retenu par l’éditeur, grand format ou poche.
Outre la longueur et le nombre de mots, les différences se situent également dans l’ambition narrative.
Une nouvelle se concentre sur un évènement précis ou un moment décisif. Chaque élément du récit sert un objectif unique et il est fréquent qu’elle se termine par une chute ou une révélation.
Exemple : La Parure de Guy de Maupassant.
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De son côté, une novella offre davantage d’espace pour développer les personnages et leurs relations. Elle conserve une structure resserrée par rapport au roman, mais permet une progression narrative plus complexe qu’une nouvelle. Elle raconte une véritable trajectoire narrative, avec une transformation des personnages ou de leur situation, même si elle reste centrée sur une intrigue principale.
Exemple : Le vieil homme et la mer de Ernest Hemingway.

Enfin, le roman est le genre narratif le plus ample. Il peut comporter plusieurs intrigues de nombreux personnages et une construction complexe. Ce qui le distingue surtout est sa complexité narrative.
Exemple : Les Misérables de Victor Hugo.
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Dans les romans en tant que tels, le nombre de mots varie selon le genre littéraire, le public visé, le format de publication envisagé et les attentes du marché.
Nombre de mots idéal pour un lectorat jeunesse
Le nombre de mots varie fortement selon l’âge du lectorat. Plus le public est jeune, plus les livres sont généralement courts. Ainsi, à l’adolescence (romans Young Adult), les longueurs se rapprochent de celle des romans adultes.
Pour les premières lectures, de 6 à 8 ans, il vaut mieux un nombre de mots entre 5 000 et 15 000, soit un livre d’une trentaine de pages une fois publié.
De 8 à 12 ans, le nombre de mots augmente, et les éditeurs préconisent plutôt des romans entre 25 et 70 000 mots.
Et, comme dit précédemment, les romans Young Adult se situent dans une fourchette entre 50 et 80 000 mots, et entre 70 et 100 000 mots pour l’imaginaire.
Ces différences avec le lectorat adulte sont dues à la différence de capacité de lecture du public visé, de complexité des personnages, de richesse de l’intrigue ainsi que de présence ou non d’un univers imaginaire.
Écrire pour la jeunesse suppose donc d’adapter son écriture au format attendu par la collection visée. Le nombre de pages, la longueur des chapitres et le rythme de lecture ne sont pas les mêmes à 7 ou à 15 ans. Le meilleur réflexe reste d’ouvrir quelques livres récents de la collection ciblée et d’en observer la pagination.
Nombre de mots idéal pour un lectorat adulte
Quand un roman s’adresse à un lectorat adulte, les différences existantes ne sont plus en fonction d’une catégorie d’âge, mais en fonction de genres littéraires. Comme pour la littérature jeunesse, il n'existe pas de nombre de mots idéal et universel pour un roman. Néanmoins, les professionnels de l’édition s’accordent sur des fourchettes de référence.
Selon ces derniers, en littérature générale, il vaut mieux avoir entre 70 000 et 100 000 mots. Pareil pour une romance. De leur côté, les policiers ou thrillers se situent dans une fourchette plus réduite, et le nombre de mots se situe entre 80 et 100 000. Contrairement aux autres genres littéraires, les romans de l’imaginaire sont généralement plus longs. Leur nombre de mots se situe entre 100 et 120 000, voire davantage pour de l’imaginaire.
Ces fourchettes sont établies par les éditeurs et agents littéraires selon plusieurs critères. Elles permettent d’offrir un bon équilibre entre le développement des personnages et de l’intrigue, et de répondre aux attentes des lecteurs. De plus, elles permettent de ne pas engendrer des coûts de fabrication trop importants, puisqu’en effet, plus un livre est long, plus son nombre de pages augmente, et plus il coûte cher à produire. C’est également pour cela que, lorsqu’un auteur propose un premier roman, il ne doit pas être trop long (sauf s’il appartient au genre de l’imaginaire, dont nous parlerons plus en détail par la suite) afin de maximiser ses chances auprès d’un éditeur. Qu’importe le type de livres, avoir un nombre de mots trop important rendra le manuscrit plus difficile à vendre.
Avant de commencer à écrire, il faut donc prendre le temps de repérer le format dominant dans le genre visé. Compter les pages de trois ou quatre livres publiés récemment dans la catégorie choisie permet d’obtenir une cible bien plus fiable que n’importe quelle règle générale.
La particularité de l’imaginaire
Comme dit précédemment, pour les romans appartenant au genre littéraire de l’imaginaire - soit la fantasy, la science-fiction et le fantastique – les attentes sont généralement plus élevées en termes de longueur. Cela s’explique par la nécessité de développer un univers, ses règles, son histoire, et parfois plusieurs points de vue. En effet, il faut généralement développer un système magique ou technologique, une géographie, une histoire ou une mythologie propre au monde. Ou encore des peuples, cultures, espèces, vocabulaires, enjeux politiques, religieux ou sociaux spécifiques. Ainsi, ces éléments augmentent naturellement le nombre de mots, même lorsque l’intrigue reste resserrée. Les attentes des éditeurs et des lecteurs sont donc différentes pour ce genre de littérature en particulier, la fourchette pouvant s’étendre de 100 000 à 150 000 mots. Pour un auteur débutant, les professionnels du secteur recommandent toutefois de rester dans une fourchette d’environ 100 à 120 000 mots, car cela permet de construire un univers crédible sans que le manuscrit devienne trop coûteux à éditer.
Écrire de l’imaginaire demande donc plus de pages. C’est d’ailleurs pour cette raison que ces romans se découpent souvent en plusieurs livres lorsque la pagination devient trop importante pour un seul volume.

Conseil pratique : combien de mots par chapitre pour structurer son roman ?
Connaître la longueur attendue de son roman ne sert à rien si on ne sait pas comment la répartir. Le découpage par chapitres permet de transformer un objectif abstrait en un plan de travail concret.
Comme pour le nombre de mots, il n’existe pas de règle absolue, mais un usage largement partagé, qui correspond également au genre littéraire dans lequel s’inscrit le roman.
Pour un roman de littérature générale, il est attendu 2 500 à 4 000 mots par chapitres, soit environ 25 à 35 chapitres. Pour une romance, 2 000 à 3 500 mots par chapitres, soit 30 à 40 chapitres. Les chapitres sont toutefois plus courts pour un policier ou un thriller. En effet, pour ces derniers, le nombre de mots par chapitre se situe entre 1 200 à 2 500, soit 40 à 60 chapitres. Pour les romans appartenant au genre de l’imaginaire, les formats de chapitre sont forcément plus longs, étant donné que les romans sont également plus longs. En effet, ils possèdent environ 3 000 à 4 500 mots par chapitres pour 30 à 40 chapitres dans le roman.
Pour le Young Adult, les romans sont généralement plus courts. Ainsi, ils possèdent 1 500 à 3 000 mots par chapitres, pour une moyenne de 25 à 40 chapitres. Idem pour les romans jeunesse de 8 à 12 ans, qui comptent entre 800 à 1 500 mots pour 15 à 25 chapitres.
Évidemment, ces chiffres sont des ordres de grandeur et non des obligations. Ils servent surtout de signal d’alerte à l’auteur : s’il écrit un thriller avec des chapitres de 6 000 mots, ce n’est pas nécessairement une erreur, mais c’est un choix qu’il devra pouvoir justifier par l’effet recherché.
La seule vraie contrainte de ces différences de formats est la cohérence. Le lecteur s’habitue très vite au format de chapitres d’un roman, et les écarts brutaux doivent être voulus jamais subis. Ce qui compte le plus, c’est la cohérence narrative de chaque chapitre.
Il faut également garder en tête que la longueur des chapitres n’est pas une simple question de mise en page, c’est surtout le principal levier de rythme du roman.
En effet, des chapitres courts, entre 1 000 et 2 000 mots, accélèrent la lecture et donnent cette sensation de page-turner, très recherchée dans le thriller et le policier. Au contraire, les chapitres longs, entre 4 000 et 6000 mots, installent une atmosphère et conviennent mieux à l’introspection ou à la description d’un univers. L’alternance peut également être une bonne solution. Un chapitre long pour poser une situation, puis trois chapitres courts pour faire monter la tension.
Une fois le premier jet terminé, deux tests pratiques permettent de vérifier le découpage :
- Le test de la dernière page. Si la lecture de chaque fin de chapitre ne donne pas envie de lire la page suivante, c’est que le chapitre s’arrête au mauvais endroit.
- Le test du changement. Pour chaque chapitre, il faut essayer de résumer en une phrase ce qui a changé entre la première et la dernière page. Si l’auteur n’y parvient pas, le chapitre n’a pas d’intérêt narratif, il faut alors le fusionner avec un autre ou le supprimer.
Une fois le roman terminé, il arrive aussi fréquemment que le nombre de mots s’écarte nettement du format attendu par les éditeurs. Les remèdes ne sont alors pas les mêmes dans un sens et dans l’autre.
Si le roman est trop long, l’auteur peut, par exemple, fusionner deux personnages secondaires qui remplissent la même fonction. Il peut également couper les scènes de transition en essayant d’entrer dans chaque scène le plus tard possible et d’en sortir le plus tôt possible. En effet, les trajets, les arrivées, les salutations et les repas sans enjeu représentent souvent plusieurs milliers de mots à eux seuls.
Si, au contraire, le roman est trop court, résistez à la tentation de délayer, car un livre étiré artificiellement a peu d’intérêt. Si un manuscrit est trop court, il faut plutôt réfléchir à ses enjeux. L’auteur peut, par exemple, ajouter un obstacle supplémentaire entre son personnage et son objectif, développer l’antagoniste ou alors ouvrir une intrigue secondaire qui vient éclairer le thème principal. Cela permet de gagner des pages en même temps que de la profondeur.
Ainsi, ces fourchettes recommandées par des éditeurs et autres professionnels de l’édition varient notamment en fonction de l’âge du lectorat visé, mais également en fonction des genres littéraires dans lesquelles l’œuvre s’inscrit. Toutefois, au moment de l’écriture, il faut garder en tête que ce sont des repères, qui varient en fonction des éditeurs, des collections et des formats. Au final, ce qui prime le plus est la qualité du livre, et le développement du fil conducteur de l’histoire, qui permettra de rester cohérent sur la longueur.
Un manuscrit de 75 000 mots solidement construit convaincra toujours davantage qu’un texte de 100 000 mots aux pages inégales. Le nombre de mots n’est pas un objectif à atteindre : c’est un cadre à l’intérieur duquel écrire. Une fois ce cadre posé, il ne vous reste plus qu’à ouvrir une page blanche et à avancer chapitre après chapitre.



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