Publier une nouvelle : éditeurs spécialisés, revues et appels à textes
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Après avoir écrit sa nouvelle, il est parfois difficile de savoir quoi en faire. Vers quel type de maison d’édition se tourner ? Peut-on la publier seule ou uniquement en recueil ? Y a-t-il d’autres moyens de la faire exister ? En France, le monde de l’édition de la nouvelle tend à s’organiser de plus en plus et à se différencier de celui du roman. Pour avoir une chance de faire paraître son texte, d’une manière ou d’une autre, il est donc important de comprendre le fonctionnement de cet univers et ses subtilités.
Publier sa nouvelle : quelle forme choisir ?
La nouvelle simple ou le recueil
Avant de penser à la publication, il est important de veiller à ce que sa nouvelle corresponde bien à la définition du genre. Une nouvelle est un texte court et intense qui raconte une histoire avec un début, un milieu, et une fin (chute, fin ouverte, doute qui persiste…). C’est un texte qui se tient tout seul, sans appeler de suite ou d’allongement. En revanche, le travail de l’auteur peut varier en fonction de son projet pour son texte. S’il souhaite réunir ses nouvelles dans un recueil, il sera nécessaire de faire un travail de structure générale pour que le lecteur comprenne pourquoi ces nouvelles s’enchaînent et quel est le fil rouge qui les relie. Pour cela, l’auteur peut trouver une thématique semblable, un univers commun, ou encore jouer sur les effets de miroir entre les différents textes, comme le fait par exemple Véronique Ovaldé dans À nos vies imparfaites, où un personnage secondaire d’une nouvelle devient ensuite le personnage principal d’une autre, etc.

Un choix qui influence la stratégie d’édition
Une fois la forme du projet choisie, il faut ensuite se renseigner sur les spécificités du monde de l’édition de la nouvelle, qui ne fonctionne pas exactement comme celui du roman. Chaque éditeur recherche des choses différentes : des nouvelles seules, des recueils, des textes correspondant à une certaine taille, ou à diverses exigences. Pour avoir une chance de publier son manuscrit, il est donc nécessaire d’avoir une idée claire de son projet, et de commencer par un travail de recherche sur les spécificités et les lignes éditoriales de chaque maison. Au cours de cette prospection, l’auteur se rendra souvent compte qu’il n’est pas forcément pertinent de cibler les maisons d’édition les plus reconnues. En effet, celles-ci ont tendance à publier les recueils de nouvelles d’auteurs déjà connus, car elles savent que ce genre se vend moins bien que celui du roman. Par exemple, Alice Renard, qui a reçu le prix Goncourt de la nouvelle en 2026, a commencé par publier un roman remarqué aux éditions Héloïse d’Ormesson (La Colère et l’Envie, 2023) avant de faire paraître son recueil. C’est donc le nom de l’auteur qui peut surtout primer. Pour les auteurs débutants, il peut alors être plus judicieux de cibler des maisons plus petites ou plus spécialisées.

Les maisons d’édition qui publient des nouvelles
Le Réseau de la nouvelle
La plupart des maisons d’édition qui se sont spécialisées dans la publication de nouvelles ou de formats courts de manière plus large sont de petites maisons. Afin de se soutenir et de s’entraider, trente d’entre elles, tant en France qu’en Belgique, se sont réunies dans un réseau qui vise à défendre et à promouvoir la forme courte, mais aussi à garantir la vitalité du genre, en assurant la promotion des auteurs lors de salons ou de marchés spécialisés. Deux événements sont notamment organisés chaque année dans ce cadre : le Marché de la nouvelle, dont la première manifestation a eu lieu en 2026 à Paris, et le Salon « Allons aux nouvelles », organisé par une association locale au Vésinet, qui dispose également de son propre appel à textes.
Deux maisons spécialisées dans la forme courte
Parmi les trente maisons enregistrées dans le Réseau de la nouvelle, nous avons décidé d’en mettre deux en avant.
Les éditions 49 pages, créées en 2025, proposent un concept innovant : des textes de 49 pages qui explorent « ce moment où la vie bascule », des quotidiens qui se fissurent, des principes qui s’effondrent soudainement, des histoires qui vacillent. Pour soumettre votre manuscrit : texte entre 30 000 et 40 000 signes espaces comprises, synopsis et biographie.
Les éditions Antidata, créées en 2004, s’ouvrent à toutes les formes courtes : nouvelles, dialogues, lettres, etc., et revendiquent une ligne éditoriale fondée sur l’enthousiasme de ses membres pour les manuscrits. Il n’y a donc pas de taille de texte ou de thème spécifique à respecter pour envoyer son manuscrit.
Vous pouvez retrouver la liste de toutes les maisons du Réseau de la nouvelle sur cette page.
Publier autrement
Les revues
Outre les maisons d’édition, il y a d’autres moyens pour faire exister un manuscrit de nouvelles. Un certain nombre de revues se sont notamment spécialisées dans la publication de textes courts, et certaines sont même devenues des références dans le domaine. C’est notamment le cas de la revue Rue Saint-Ambroise, qui organise chaque année un concours de nouvelles (maximum 10 000 signes) visant à publier les 25 meilleurs manuscrits, mais aussi des appels à textes en continu pour alimenter les deux à trois parutions annuelles de la revue et son site internet. De même, la revue La Quinzaine littéraire organise régulièrement des concours de nouvelles à partir d’une phrase imposée. Dans les deux cas, les revues sont disponibles à l’achat sur internet et/ou dans les kiosques à journaux.
Les appels à textes en France
Plus largement, les concours de nouvelles ou de formes courtes sont extrêmement nombreux et peuvent être proposés par divers organismes, comme des maisons d’édition, des revues, des associations, des universités, des entreprises, ou même des villes. Ils peuvent être un bon moyen pour les auteurs d’écrire de nouveaux textes, de trouver de premiers lecteurs, et peuvent même servir de tremplin pour lancer une carrière. Pour les jeunes auteurs entre 16 et 26 ans, le Prix du Jeune Écrivain, organisé chaque année, a par exemple révélé des écrivains reconnus et primés, comme Kaouther Adimi, Clémentine Beauvais, Miguel Bonnefoy ou encore Marie Darrieussecq.
Le concours d’histoires courtes d’Édith & Nous
Pour accompagner le développement de cette forme courte et mettre en avant les auteurs Premium de la plateforme, Édith & Nous a également lancé en 2026 son concours d’histoires courtes mensuel. Chaque mois, un nouveau thème est proposé aux auteurs, qui peuvent écrire et envoyer une nouvelle entre 8 000 et 15 000 signes espaces comprises, avant qu’un lauréat ne soit choisi. Ensuite, les textes gagnants sont publiés sur notre blog et en recueil numérique sur les librairies de Rakuten Kobo et de ses partenaires (dont la Fnac), en plus d’être mis en avant dans le catalogue envoyé à nos éditeurs partenaires et dans notre podcast « On vous livre ».
Aujourd’hui, la nouvelle est un genre qui connaît un regain de mise en lumière et d’intérêt des auteurs et des lecteurs. Il existe donc une multitude de façons de se faire publier, par des voies plus ou moins traditionnelles, et de mettre en avant ses textes !
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