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Les histoires d'Édith

La belle histoire de Sarah Oling

Par 

Sarah Oling

Le 

Mar 26, 2026

Sarah Oling est autrice, dramaturge, comédienne, conférencière et journaliste. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Le Naja d’Émeraude, repéré par Édith & Nous, chez Sterenn Éditions en 2025.

L’écriture a toujours été mon point d’ancrage. Qu’elle s’incarne dans le journalisme, qu’elle se déploie sur les planches en tant que comédienne ou qu’elle se fige dans l’encre de mes romans, elle est le fil rouge de mon existence. Après cinq romans et deux pièces de théâtre, je pensais en connaître les méandres.

Pourtant, l’aventure de l’écriture du Naja d’Émeraude est venue bousculer mes certitudes, prouvant qu’un livre n’est jamais une fin en soi, mais le début d’une métamorphose. Ce roman, en effet, marque un tournant dans mon parcours d’auteure. Si la trame historique – cette architecture rigoureuse que j’affectionne, présente dans tous mes romans – demeure le socle du récit, le décor s’est déplacé vers l’Inde, entre 1915 et 1954, à l’époque crépusculaire des derniers comptoirs français.

Choisir l'Inde de cette période, c'était accepter de se confronter à une esthétique du sacré et du silence. C’est une rencontre, non physique mais spirituelle, avec Mirra Alfassa, celle que l'on nomme « Mère », et qui créa une école de pensée avec Sri Aurobindo, dans l'ashram de Pondichéry qu'ils ont fondé et développé dès 1926, qui fut fondatrice de l'écriture du Naja d’Émeraude. Elle n'a cessé, depuis ma première approche de ses écrits, d'être source et évolution dans ma vie.

Lorsque tous les personnages de ce roman sont venus à moi, je n'en reconnaissais aucun : Devin, Taran, la vieille Baba l'intouchable, ou Vamika l'intrigante hantée par Kali, Adénora, Maélie, le dieu Ganesh... Ce récit que j'ai situé en grande partie à Pondichéry est une illustration, à mes yeux, que rien n'est figé dans notre existence. Je ne savais écrire que d'une plume trempée à l'encre de la souffrance. Et me voilà porteuse d'une histoire indienne foisonnante et colorée ! Je ne sais si « Mère » ou Sri Aurobindo ont inspiré une trace infime de mon écriture, mais il me plaît de le croire... Le Kathakali, cette danse sacrée, est au cœur du récit. J'ai puisé dans cette discipline une rigueur quasi mystique pour construire mes personnages. L'écriture est devenue une chorégraphie. Je tenais à ce que le lecteur ressente le poids des parures, le parfum de l'encens et cette tension permanente entre le libre arbitre des hommes et le jeu capricieux des dieux.

J’ai ouvert un profil Premium dès septembre, déposé mon manuscrit, et sollicité une relecture. Ce fut le point de bascule.

Malgré mon expérience, la recherche d’un nouvel éditeur demeure toujours un défi. C’est sur LinkedIn, en septembre 2024, que je découvre le concept novateur d’Édith & Nous. Ce qui m’a séduite, c’était la promesse d’une mise en relation directe, transparente et professionnelle avec des éditeurs.

J’ai ouvert un profil Premium dès septembre, déposé mon manuscrit, et sollicité une relecture. Ce fut le point de bascule. Ma relectrice n’était autre que Paloma Gressien, fondatrice et éditrice de Sterenn Éditions. Ce qui aurait pu n’être que le retour d’une simple fiche de lecture s’est transformé en une analyse littéraire, point par point, de la structure de mon manuscrit, avec des commentaires m’éclairant sur chaque item à retravailler, mais également en un coup de cœur éditorial réciproque. Quelques semaines tout au plus ont suffi pour que sa décision de m’éditer soit actée. La plateforme a agi comme un pont ; elle a réduit la distance entre une auteure en quête d’un éditeur pour porter son nouvel opus et le regard d'une professionnelle passionnée.

Ce n’était plus seulement mon livre, c’était notre projet.

Puis, ce fut le temps de la collaboration, jusqu’à la parution. Ce travail de peaufinage avec Paloma Gressien a été une révélation. Passer de la solitude absolue de l'auteure au dialogue constructif avec une éditrice est un exercice d'humilité et de renaissance. Nous avons exploré ensemble les silences du texte, resserré les fils de l'intrigue pour que le souffle du Naja ne faiblisse jamais. Ce regard extérieur, bienveillant mais exigeant, a permis au manuscrit de perdre son statut d'objet privé pour devenir une œuvre de partage. La création de la couverture par Charlotte Thomas (Studio cha_cha) a été l'ultime étape de cette mue. Voir l'âme de son texte capturée en une image forte confirme que l'on n'est plus seule à porter cet univers. Publier chez un éditeur qui en comprend l’essence même est une chance rare. Ce n’était plus seulement mon livre, c’était notre projet.

Le Naja d'Émeraude de Sarah Oling

 

Depuis sa parution, fin août 2025, la vie du Naja d’Émeraude m’a surprise par sa densité. Très vite, la puissance des recensions a agi comme un miroir révélateur… et si ce récit pouvait emprunter un nouveau chemin ? Celui de l’image et du son ?

Forte de mon expérience de dramaturge, je me suis lancée dans l’écriture du scénario. Ce fut une expérience nouvelle, très codifiée, presque mathématique, où chaque mot doit suggérer une image. Le film est désormais une ambition concrète.

Et ce roman a présidé à la création de Saxo & Voix. C’est sans doute sa suite la plus vibrante. Avec le saxophoniste international Oliver Martin Sax, nous avons créé un acte artistique unique. Il a scénarisé cet espace où la « voix » de son saxo et ma voix s'entremêlent pour lire des extraits du roman sur scène. Après une première en décembre dernier, nous avons déjà quelques propositions qui devraient se concrétiser prochainement. Le livre devient une partition, une passerelle entre nos deux mondes.

Si je devais partager une conviction [...], ce serait celle-ci : ne voyez pas votre manuscrit comme un objet figé.

Cette transition vers le scénario et la scène a transformé mon rapport à l'œuvre. Écrire pour l'écran demande de sacrifier l'introspection au profit de l'action pure, un défi passionnant pour la dramaturge que je suis. Quant à Saxo & Voix, c'est une expérience sensorielle inédite. Entendre les fulgurances du saxophone d'Oliver Martin Sax répondre à ma propre voix, créant un écho vibrant à mes mots, c'est voir l'encre s'agiter physiquement dans l'air. Le livre sort de ses pages, il respire, il devient une vibration sonore qui emporte le public. C'est peut-être là le plus beau cadeau de cette publication : réaliser que le point final d'un roman n'est qu'une respiration avant une nouvelle forme de vie.

Si je devais partager une conviction avec les auteurs qui se sont inscrits sur la plateforme, ce serait celle-ci : ne voyez pas votre manuscrit comme un objet figé. Le passage par une plateforme comme Édith & Nous n'est pas qu'une étape dans votre parcours, c'est une mise en lumière possible vers un futur éditeur, par les divers moyens qui vous sont proposés pour valoriser votre création.

Aujourd'hui, six mois après sa parution, Le Naja d’Émeraude continue de voyager, entre séances de dédicaces et performances scéniques. L’écriture ne s’arrête jamais au point final ; elle attend simplement le bon écho pour résonner à nouveau.

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