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Les histoires d'Édith

La belle histoire de Margot Estner

Par 

Margot Estner

Le 

Feb 26, 2026

Margot Estner est infirmière et autrice. En 2025, elle gagne le prix du Thriller Télé-Loisirs, organisé par les éditions Prisma en partenariat avec Édith & Nous, et publie La Théorie du Mal.

La nécessité d’écrire s’est imposée sans prévenir. À 34 ans, je n’avais jamais songé à me prêter à l’exercice. J’ai longtemps été une lectrice compulsive de polars, thrillers et autres romans horrifiques, goût que je retrouve dans ma culture cinématographique. Cela a dû, sans aucun doute, forger mon appétence pour le genre. Malgré tout, cela faisait des années que je n’avais pas ouvert un roman, happée comme tant d’autres par une vie de famille riche et par mon travail d’infirmière.

L’idée de tenter ma chance auprès d’un éditeur a germé au cours de mon processus d’écriture.

Pourtant, en mars 2024, sur une impulsion presque viscérale, je téléchargeai sur mon téléphone une application de traitement de texte. Mon premier élan me guidait vers un classique journal intime. Mais en lieu et place d’un « Je », Victoire est née quelque part dans mon esprit. Un soir après l’autre, j’ai rédigé un chapitre, puis le suivant, sans vraiment savoir où tout cela allait me mener. Écrire est rapidement devenu un rendez-vous nocturne, presque physique. Un espace à part, volé au quotidien, et qui m’appartenait.

Six mois plus tard, j’achevais le premier jet de La Théorie du Mal. Un récit dont je n’aurais jamais soupçonné le caractère thérapeutique ni la trajectoire inattendue qu’il me ferait emprunter. Six mois supplémentaires ont été nécessaires pour transformer cette matière première, rédigée sur mon téléphone et sans mise en page, en un texte retravaillé et corrigé.

L’idée de tenter ma chance auprès d’un éditeur a germé au cours de mon processus d’écriture. J’ai arpenté les forums, les groupes de discussions avec cette conclusion implacable dans chaque témoignage : le monde éditorial est inaccessible aux primo-romanciers. J’avais pourtant l’intime conviction que le défi, même s’il était de taille, méritait d’être relevé.

J’ai dû accepter de lâcher prise : le reste ne m’appartenait plus vraiment.

C’est dans ce contexte de recherches que j’ai découvert Édith & Nous. J’aspirais à la simplicité, à l’absence de contraintes ; la formule répondait à mes attentes. L’idée de pouvoir sécuriser mon manuscrit m’a immédiatement séduite et conforté dans le choix de déposer mon texte. Je me suis inscrite un lundi soir. Le jour même, j’avais mis un point final à La Théorie du Mal. Le lendemain, je recevais une notification de la part de la plateforme, m’indiquant qu’il me restait quelques heures pour m’inscrire au prix du Thriller Télé-Loisirs, en partenariat avec les éditions Prisma. Un concours réservé aux primo-romanciers, dans le genre thriller, avec pour président, le maître du genre, Franck Thilliez. Les planètes étaient alignées. J’ai cliqué, juste « au cas où ».

L’inscription actée, j’ai sollicité une éditrice de la plateforme pour un rendez-vous téléphonique. Je craignais que mon texte ne soit pas suffisamment abouti pour rivaliser avec les centaines de manuscrits en concurrence. L’éditrice avec laquelle j’ai échangé s’est montrée à l’écoute et précise dans ses retours, et cet échange m’a permis de prendre du recul sur mon texte pour aborder le concours avec davantage de sérénité. Ensuite, j’ai trouvé, au sein de l’équipe éditoriale, des interlocuteurs disponibles pour répondre à mes interrogations tout au long du concours. Cela a compté, car j’ai traversé les semaines de délibération avec une certaine fébrilité.

L’attente a été une période sensible. Entre l’envie d’y croire et la nécessité de rester ancrée dans mon quotidien de soignante, les semaines de délibération ont été traversées d’élans contradictoires. J’ai dû accepter de lâcher prise : le reste ne m’appartenait plus vraiment.

Un livre n’existe jamais seul, il vit dans les regards qui s’y posent, dans les mots échangés lors des rencontres.

Fin mai, j’apprenais que je faisais partie de la short-list. Il m’a fallu attendre le 8 juillet pour recevoir l’ultime et attendu message m’annonçant que j’étais lauréate du concours. J’ai fait connaissance avec mes deux interlocutrices principales des éditions Prisma, qui m’ont présenté les étapes à venir. Tout est ensuite allé très vite. Le calendrier s’est resserré. J’ai passé l’été à naviguer entre les corrections, les signatures de contrats et les derniers ajustements. La révélation de la couverture de mon roman a concrétisé ces semaines de travail acharné. La Théorie du Mal allait rencontrer son public.

La remise des prix à Paris, dans les locaux de Prisma Média, fut un moment à part, qui a marqué l’aboutissement de ce parcours. L’enthousiasme et la bienveillance dans laquelle nous avons été enveloppés, J.B. Béduneau (auteur de Mortelle saison, coup de cœur du jury) et moi, ont rapidement dissipé le stress et les appréhensions. J’ai été très émue par la rencontre avec Franck Thilliez et l’ensemble des acteurs de ce projet.

Paru le 1er octobre sous le label Les Lauréats, La Théorie du Mal s’est installé sur les étagères de quelques bibliothèques. Un livre n’existe jamais seul, il vit dans les regards qui s’y posent, dans les mots échangés lors des rencontres. Chaque séance de dédicaces devient un espace de dialogue, un moment suspendu où l’écriture quitte la page pour circuler autrement.

La Théorie du Mal de Margot Estner

Je mesure aujourd’hui combien le cadre dans lequel mon texte a été accueilli a compté. Il m’a permis de déposer mon manuscrit, de l’accompagner jusqu’à son aboutissement, sans jamais perdre la maîtrise de ce que j’avais voulu y insuffler.

Publier m’a également confronté à une autre part du métier, plus exposée. Celle qui consiste à porter le texte, au-delà de l’écriture. Prise de parole, sollicitations de la presse, échanges, autant de formes d’autopromotion que je n’avais pas envisagées au départ de cette belle aventure. Apprendre à porter mon texte avec panache et confiance est un exercice qui fait évoluer, jour après jour, ma posture d’auteur en devenir.

Aujourd’hui, La Théorie du Mal poursuit sa route. J’espère que l’histoire de Victoire continuera à faire battre quelques cœurs. En tout cas, elle a définitivement fait battre le mien un peu plus fort.

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